Gay Lussac : Qui est-il?

L’école doctorale Sciences pour l’Environnement est dénommée Gay Lussac en l’honneur de ce brillant scientifique Chimiste et Limougeaud.

Louis-Joseph Gay-Lussac est né en 1778 à Saint-Léonard-de-Noblat petite ville campagnarde située une vingtaine de kilomètres à l’est de Limoges. Après avoir reçu l’enseignement de précepteurs limousins, il fut envoyé à Paris à l’âge de 16 ans et intégra en 1797 l’école polytechnique fondée trois ans plus tôt puis l’école des Ponts et Chaussées qui éveilla sans doute son goût pour les applications des sciences. Après de bonnes études en mathématiques, physique et chimie, Gay-Lussac fut affecté en 1800 pour son premier poste au laboratoire de chimie de Claude Berthollet qui le forma à la recherche. Il devint en 1809 professeur à l’école polytechnique puis au Museum d’Histoire naturelle et enfin académicien. Dans les années 1830, il s’intéresse à la politique en étant élu à deux reprises député de la Haute Vienne puis nommé membre de la Chambre des Pairs. Dans ces deux assemblées, il fut un soutien actif des industriels de la chimie. Il meurt à Paris en 1850.

Son œuvre scientifique a marqué la physique et la chimie à la mesure de sa célébrité. Dès 1802, il présente sa première publication sur la dilatation des gaz. Deux ascensions en ballon, dont la seconde lui permit de s’élever jusqu’à 7000 mètres d’altitude lui valurent une grande notoriété. Il étudia en fonction de l’altitude notamment les propriétés physiques, la composition chimique de l’atmosphère et les (faibles) variations du magnétisme terrestre. Après s’être intéressé au chlore –découvrant qu’il s’agissait d’un corps simple- puis à l’iode dont il détermina le poids atomique, il en mit en évidence de nombreux composés. Grâce à l’électrochimie, il mit au point avec Thénard un procédé de préparation des métaux alcalins.

Mais Gay-Lussac est surtout connu pour ses lois sur la combinaison volumétrique des gaz s’intéressant d’abord à l’eau il montra (avec Humboldt) que le rapport volumétrique H/O était toujours de 2. Il travailla ensuite de la même façon sur le dioxyde et le trioxyde de soufre puis sur les composés oxygénés de l’azote : N2O, NO et NO2.

Le temps de sa maturité scientifique fut marqué par son intérêt pour les applications des sciences avec le dépôt de plusieurs brevets et son rôle au conseil d’administration de Saint Gobain où son expertise scientifique était appréciée. Durant cette période il participa à la mise au point de nombreux appareils comme un baromètre à siphon plus résistant que les appareils utilisés jusqu’alors puis un parafoudre. Il étudia également des questions plus triviales en apparence, mais d’une grande utilité pratique et économique comme la détermination du degré alcoolique des liquides ou la détermination par voie humide du titre en métaux des alliages utilisés dans la fabrication des pièces de monnaie. Même si à son époque les sciences pour l’environnement ne connaissaient pas la vogue dont elles font l’objet aujourd’hui, une de ses inventions dans le domaine de la production industrielle de l’acide sulfurique a certainement contribué à réduire les émissions gazeuses nocives dans l’atmosphère. Mais il s’agissait plus probablement d’économiser les nitrates de potassium et de sodium qui entraient dans la réaction…

Limousin comme certains parmi nous, chimiste comme beaucoup, expérimentateur rigoureux comme tout bon scientifique se doit de l’être, adepte du travail en équipe, Gay-Lussac est un « parrain » pertinent de notre école doctorale.