Chercheur dans un institut à Francfort

Thomas LEHMANN

– Titre de la thèse : Les orycteropodidae (Mammalia, tubulidentata) du Mio Plio Quaternaire d’Afrique).

– Directeurs de Thèse : Michel BRUNET et Patrick VIGNAUD

– Laboratoire : Institut de Paléoprimatologie, Paléontologie Humaine : Évolution et Paléoenvironnements – IPHEP, UMR-CNRS 6046

– Thèse soutenue en 2004
– Financement de la thèse : allocation ministère

Témoignage

– Je m´appelle Thomas Lehmann, j´ai 31 ans et je suis alsacien. « Expatrié » à Poitiers en 1998, mon but était clair : faire de la Paléontologie. Après avoir effectué un DEA – ancienne dénomination pour le Master 2 – de Montpellier/Poitiers, j´ai postulé sur un sujet proposé par le laboratoire de Paléontologie de l´Université de Poitiers – aujourd´hui nommé IPHEP (UMR 6046). Le sujet était l´étude des oryctéropes fossiles d´Afrique, un groupe de mammifères aujourd´hui représenté par une unique espèce vivante (Orycteropus afer). Ce sujet était doté d´une Allocation de Recherche du Ministère de l´Education Nationale, de la Recherche et des Technologies qui me donna la liberté de travailler sur ma thèse sans contraintes matérielles (ce n´est pas le cas dans tous les pays).
– Au cours des 3 années de thèse, j´ai été amené à beaucoup voyager. En effet, les oryctéropes fossiles aiment bien les musées, en particulier lorsqu´ils sont loin de la France! Entre New York, Nairobi, Addis Ababa ou Pretoria, j´ai du organiser plusieurs missions financées par le laboratoire et/ou par des subventions que j´ai décrochées. J´ai aussi eu la chance de faire du terrain, comme au Tchad par exemple. Après avoir accumulé suffisamment de résultats, et grâce au soutien du laboratoire, j´ai publié un, deux, puis trois articles au sortir de la thèse. _ C´est une démarche qui prend du temps, surtout lorsqu´on est en train de « boucler » son manuscrit, mais qui est nécessaire si l´on veut obtenir un Post Doctorat (Post Doc), une Qualification à enseigner ou tout simplement si l´on veut faire connaître sa recherche et toucher les gens qui travaillent dans le même domaine. A ce sujet, les congrès (nationaux mais surtout internationaux) sont une véritable porte ouverte aux collaborations pour peu que l´on range sa timidité au vestiaire et que l´on aille vers les gens. Ce genre de discussions, en français, anglais, allemand ou autre, entraîne forcément de nouvelles idées et sont pour moi le moteur de la recherche.
– Une fois la thèse en poche, je me suis lancé dans le marathon des Post Docs. A ce jeu-là, ce n´est pas tant la vitesse pour arriver au bout qui compte, mais l´endurance. Bien avant la fin de ma thèse, je me suis occupé de savoir ce que je voulais faire « après », et cela m´a protégé de bien des tracas. Mais rien ne prépare vraiment au « grand saut dans le bain » : sans le parachute du/des directeur(s) de thèse, chaque pas dans la recherche est encore plus excitant mais aussi plus effrayant. On sait d´où l´on vient, mais pas tout à fait encore où l´on va, et c´est cela qui me donne encore aujourd´hui envie de continuer la recherche.
– Après 2 années de Post Doc en Afrique du Sud (une expérience personnelle unique), un Post Doc Humboldt à Berlin pendant presque 2 ans, mon 10ème entretien d´embauche fut le bon : le Senckenberg Forschungsinstitut de Francfort décida de me confier un poste pour étudier les mammifères fossiles. C´est un tournant dans une carrière : on se retourne et on regarde ce que l´on a accompli. J´étais rempli d´un sentiment de gratitude pour tous ceux qui m´avaient aidé et me réjouissais intérieurement de pouvoir bientôt les appelé sans ambages : mes collègues.

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